Crise existentielle. Une grand miroir reflète le désert.

Crise d’angoisse ou crise existentielle.

De nombreuses personnes qui viennent consulter pour une crise d’angoisse ne parviennent pas à déterminer la source, la cause de leur mal-être.

Ce sont souvent des personnes bien insérées dans la société, qui ont visiblement « cochés toutes les cases » et qui pourtant sont confrontées à un sentiment d’incomplétude, à une perte de sens voire à des symptômes invalidant d’anxiété et d’angoisse : « je ne comprends pas, tout va bien dans ma vie, j’ai un bon travail, une famille, j’ai mon logement et des amis, … mais cela ne va pas, je ne m’y retrouve pas ».

Cette angoisse qui vient faire irruption sans crier gare bouscule des certitudes, vient remettre en question des choix (ou des non choix) de vie.

L’angoisse devient alors le signal d’un écart entre ce que K.G. Durckheim va appeler l’être existentiel et l’être essentiel, entre la personnalité sociale et ce que Jung nomme le Soi. C’est le signal que cet écart est trop abyssal pour que la personne puisse continuer à fonctionner sans douleur.

Plus la personne est bien adaptée, correspond aux normes valorisées par la famille, la société, plus cet écart entre le personnage social et le Soi est grand.

L’angoisse devient alors comme un signal de l’âme, de notre être intérieur, qui traverse le vide qui nous sépare de lui pour se faire entendre.

C’est un « besoin d’être » qui ne peut être nourri par la société matérialiste qui valorise l’avoir (On peut également facilement s’illusionner dans une recherche de « mieux-être » en consommant des techniques de développement personnel qui nous maintiennent en périphérie de nous-même).

Ce cri de l’âme appelle à faire une pause, à retourner vers notre intériorité pour retrouver cette part de nous qui cherche à exister (étymologiquement « sortir de, se manifester, se montrer »).

C’est notre être intérieur qui nous dit, comme l’écrit Christiane Singer « où cours tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? »

C’est souvent à ce moment que les personnes viennent consulter, lorsque la douleur de la crise d’angoisse a provoqué le mouvement, le doute, le questionnement : «Il y a quelque chose qui ne va pas en moi, il faut que je comprenne ce qui se passe, il faut que j’en sorte ».

Un mouvement qui n’a pas pour but de revenir à l’état antérieur, quand « tout allait bien ». Car c’est justement cela qui a causé l’angoisse. Mais un mouvement intérieur qui amène à se découvrir, dans les 2 sens du terme : se rencontrer et ôter les voiles qui nous cachent.

Commence alors pour la personne qui initie ce mouvement un lent et passionnant chemin vers soi.

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Une approche phénoménologique de l’angoisse